Huitième centenaire de la mort de Saint Bruno et la France de 1901


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Gérald Chaix
Huitième centenaire de la mort de Saint Bruno et la France de 1901, in: Francis Timmermans & Tom Gaens (ed.), Magister Bruno. Negen eeuwen uitstraling van de Kartuizerorde, Leuven, 2003, 119-126  
[Chaix 2003a]

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"Retirés du monde, les Chartreux n'échappent pas à la mode actuelle des commémorations. En 1984, nous célébrions à Grenoble le neuvième centenaire de l'installation de Bruno et de ses compagnons dans le massif de la Grande Chartreuse. Nous fêtons aujourd'hui le neuvième centenaire de la mort de saint Bruno. Longtemps circonscrite à la sphère liturgique, la commémoration de la mort de Bruno acquiert donc à présent une dimension historique dont il serait intéressant de retracer l'émergence: quand apparurent les premières festivités accompagnant la mémoire liturgique? Qui en furent les promoteurs et les acteurs. Quelle formes prirent ces commémorations? Quelles en sont les traces?

C'est une telle recherche — prenant l'année 1901 pour angle d'attaque — que je voudrais contribuer. Le résultat auquel je suis parvenu est encore bien imparfait. Mais la tâche n'est pas impossible. Pour s'en tenir à l'espace français, il faudrait consulter les journaux nationaux et locaux, les feuilles diocésaines losqu'elles existent. Ce que je n'ai pu faire à Tours. Mais l'année 1901, on le sait, est, en France, une année d'épreuve pour les congrégations religieuses en général en pour l'ordre cartusien en particulier. Aussi m'a-t-il paru judicieux dans cette première approche de reprendre le dossier, à ma connaissance jamais véritablement analysé, de la situation cartusienne au cours de la IIIe République, et notamment durant la vingtaine d'années qui s'éténd des premières mesures anticléricales des années 1880 jusqu'à la loi du 1er juillet 1901.

Ici encore, faute d'avoir pu accéder aux archives de l'ordre, il ne peut s'agir que de prolégomènes à une recherche ultérieure. Prolégomènes ordonnés autour de trois axes. On s'interrogera tout d'abord sur la situation cartusienne dans le dernier quart du XIXe siècle, c'est-à-dire sur les conditions et les limites de la restauration et de la renaissance de l'ordre, tant institutionnelle que matérielle et humaine. Dans un second temps, on analysera la place occupée par l'ordre des Chartreux dans ce que l'on pourrait appeler le revival catholique qui touche tout particulièrement la France au lendemain de la défaite de 1870. Enfin, en troisième lieu, on se focalisera sur l'exacerbation des tensions et, ici encore, sur la situation spécifique des Chartreux, dont la maison principale — la communauté de la Grande Chartreuse — se trouve précisément en France" (p. 119-120).